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édito de septembre 2002
consultez les éditos précédents : septembre 2002, janvier 2003

J’ai beau lire et relire les textes de la CNTE, signés tant par Jacques AGUETTANT que par Hervé DELAMBRE, hauts responsables du tourisme équestre de la FFE, je n’y trouve aucune réflexion de fond, pas le plus petit remord, pas non plus de mise en perspective de la problématique du tourisme équestre.
On dirait que tout va bien. Pas un mot sur les diplômes professionnels futurs et la fin des homologations des ATE et GTE. La filière cheval, en tout cas pour ce qui concerne le tourisme équestre, se situe dans un no man’s land, un espèce d’univers parallèle, échappant aux lois, aux structurations professionnelles classiques (syndicats, conventions collectives, commission nationale paritaire).
Chacun continue comme si de rien n’était, comme si le temps et les évènements n’avaient pas de prise sur cette profession. Etrange société dans laquelle nous vivons, où une petite partie des citoyens (les responsables, les potentats, les élus, les fonctionnaires) emprisonne l’autre partie (les gens comme vous et moi) dans des structures immuables, administratives et technocrates qui empêchent toute velléité de liberté, d’invention, de déstructuration.

Je n’ai jamais eu confiance dans les structures trop bien ficelées. Elles sont faites pour nous empêcher de respirer l’air de la liberté. Comme des millions de gens aujourd’hui, je n’ai plus confiance dans ceux que l’on élit, que ce soit en politique ou dans le monde associatif. Prenez par exemple le problème des chemins. On pourrait imaginer, genre monde idéal, que tous les citoyens puissent se promener en France, sur n’importe quelle route ou chemin, sur n’importe quelle commune ou foret. Pas du tout. Ce n’est pas comme ça que cela se passe.
Et encore moins aujourd’hui qu’hier. Pourtant, la désertification rurale, l’agglomérat des gens dans et autour des villes créant à la fois des espaces vides et des mégapoles invivables, pouvaient laisser supposer un sursaut des responsables. Mais voilà, responsables, élus, technocrates, ça veut dire imbéciles, innocents ou profiteurs. Mais en tout cas ça ne veut pas dire convivial, proche des gens, utopiste, inventif, courageux. (Lien avec l’édito des métiers)

Une cavalière d’extérieur, Catherine ROUSSET, qui habite en Franche Comté, circulant sur un chemin de randonnée du Conseil Général (PDIPR) se fait arrêter par un agent de l’ONF. « Vos papiers s’il vous plait » ! On se croirait dans un film de Pagnol. Malheureusement ce n’est pas le cas.
Toujours est-il qu’un chemin compris dans le plan département de randonnée (PDIPR), en principe ouvert à tous (sauf les véhicules à moteur), mais certainement traversant une foret gérée par l’ONF devient grâce à la nouvelle police de l’environnement, interdite, sauf à signer une convention (parfois même à payer une redevance, car l’ONF est devenue une structure capitaliste comme les autres).

Notre camarade Françoise GEVIN (FREF-74), dans sa belle Savoie, travaille d’arrache pieds à mettre en place et à signaler les chemins ouverts aux équestres. Elle est devenue, avec les adhérents de son association, la correspondante du comité départemental du tourisme. Elle a tourné d’ailleurs un film avec Equidia, en collaboration avec le Comité du Tourisme Equestre (exceptionnellement, mais la présidente du CDTE paraît plus intelligente que les autres).
Bravo, et rappelons que la FFE et sa partie tourisme équestre n’a pas le monopole des combats pour la liberté de circuler. On peut d’ailleurs se demander s’il ne vaudrait pas mieux lutter pour que tous les chemins soient ouverts à tous plutôt que de se voir limiter sur des sentiers balisés ?

Marc GOURMELON continue de gérer une équipe de gardes à cheval à partir de la FREF-59. Ils sont embauchés pour surveiller la plage et les dunes de Dunkerque. ça fonctionne très bien, tant que le Conseil Général et le Conservatoire du Littoral y trouvent leur compte d’image de défenseurs de la nature. Ne râlons pas puisque c’est une affaire qui marche.

Notre camarade Fabrice GAUTHIER GENOT (FREF-91) continue de militer pour la création d’une allée qu’il dit royale, ouverte à la circulation cavalière. Malheureusement, elle se trouve dans une foret de l’ONF, et l’on peut craindre le pire. En réalité, ce sont des gens sérieux les agents de l’ONF, qui n’ont que faire de ceux qui ne pensent qu’à s’amuser, à galoper, à prendre du plaisir à cheval.
Cela me rappelle les paysans qui nous voient passer à cheval dans la campagne, dans les vignes ou dans les forets et qui marmonnent leurs réflexions parce que «eux, ils travaillent ».

Et bien, je vous le dis (« en vérité » comme dirait ce brave Jésus Christ), premièrement nous ne sommes pas sortis de l’auberge, deuxièmement nous n’allons pas baisser les bras, troisièmement, partout où il faudra ruer dans les brancards, faire de l’agitation et créer du désordre nous y serons.
Le combat des libertés individuelles n’est pas terminé et celui de la libre circulation ne fait que commencer.

Gilbert DE KEYSER